Moi & Todtnauberg
En partant de la cabane de Heidegger — non loin des forêts où l’artiste a grandi — Matthias Koch relie passé et présent sans pathos : neige, silence, mémoire. Son travail rappelle qu’un territoire n’est jamais neutre ; il exige qu’on reste éveillés.
Au sommet de la Fôret-Nôîre (Schwarz-Wald), je vois (V-O-I-S !!) une cabane-de-bois se dresser tel un îlot de silence. C’est là, dans ce « séjour », que M. Heidegger (le Penseur-du-Être & de l’Oubli-de-l’Être : pouf !) cherchait jadis, hmm, sa Pensée. Juillet '49, il y reçut P. Celan, (le Rescapé. Le Poète du G-A-Z) — une rencontre qui sent l'A-M-E-R. De là, le poème Todtnauberg, où résonne, oui, cette attente d'un mot de repentir... qui n'est jamais venu, (JAMAIS !). 70+ ans plus tard, je remonte sur ces lieues (ces L-I-E-U-X ? des lieux-fantômes !) pour mesurer jusqu’où le XXᵉ siècle, (ce SIÈCLE !), rôde encore dans nos PAYSAGES.
Je viens d'ici, né à quelques kilômètres. Par origine. Pas le Choix.
Ma Série. Todtnauberg, or the Eternal Return. Je la veux (volonté ! WILLE !) comme une exploration visuelle qui traverse ce maudit siècle (passé !) tout en regardant vers l’A-V-E-N-I-R. Chaque Image — É-V-I-D-E-N-C-E — est un miroir (tendû) à l’Histoire ET un signal d’alarme pour demain. (Soyons P R É C I S !)
Mon regard se déploie (oui, se DÉPLOIE) en mode Travelling. La cabane sous la neige dialogue avec les terres criblées de Verdun ('14-'18 : le Prélude !) ; un bâtiment quasi-englouti sous le blanc nous fait deviner cette ombre (l'Ombre ! le Noir !) des Chambres-à-Gaz ; plus loin, les cheveux-de-ma-fille sur un drap d’hôtel à Amsterdam : Zack ! l'écho à la Todesfuge (C L A I R !). Entre ces repères, surgissent des fragments : le portrait au Cigare (un Gros Fumeur !) de ce Grand-Père Ex-Nazi (ah, ces mémoires familiales !) ; en contre-champ, le visage attentif de ma fille, (l'Avenir ?). C’est au croisement de ces Trois Registres — Paysage, Littérature, Mémoire-Familiale — que je dessine (avec une rigueur géo-métrique) la cartographie de ma Série. Un continent où la violence (autoritaire !) revient, P-A-R C-Y-C-L-E-S, dès que le Souvenir s’efface (le grand Oubli !).
Visuellement : l’Épure. (RIGUEUR !) Les noirs sont profonds (pro-fonds !), les blancs cinglants (aïe !), les couleurs à peine soufflées. Rien de spectaculaire (le Spectacle ? C'est le Kitsch !). Le Silence domine & nous force, nous force à la CONTEMPLATION (lente !). L’image : elle ne dénonce pas, elle suggère. À chacun de combler ces blancs, comme la neige recouvre sans effacer.
En filigrane (cette Question qui démange !) : « Pourquoi ce silence ? » — Celle que Celan balançait déjà à M.H. (le Penseur qui n'a pas vu la Peste). Je ne prétends pas (Moi ?!) résoudre l’énigme. Je tisse (T-I-S-S-E !) une toile d’échos entre Verdun, Auschwitz, Gaza ou Sarajevo. Partout, l’inertie morale a laissé la spirale-de-la-violence reprendre son cours.
Dans mes Carnets (toujours É-C-R-I-R !) : « Ce qui menace ne crie pas toujours, mais s’installe doucement dans les replis du quotidien. » Todtnauberg : ni manifeste ni nostalgie. Une simple Veilleuse (petite lumière, attention !) sur notre Mémoire-Collective. L’Oubli, (le Vrai Ennemi !), alimente l’Éternel Retour. Seule la Vigilance, active — intime, politique, artistique — peut briser la boucle (C E T T E B O U C L E !).
Mon Récit Visuel : Les Trois (3 !) Strates
I. Le Paysage (Palimpseste)
La Cabane enneigée de H. : austère Bâtisse, posée dans une blancheur (qui absorbe les sons, oui). Plus loin, le sol criblé de Verdun. (La boue ! le sang !) Un bâtiment englouti fait écho à l'architecture des Chambres-à-Gaz. Je fouille (avec la pelle et le microscope !) la Topographie de ce Continent. Chaque strate géologique = une strate mémorielle.
II. La Littérature (Boussole Morale)
Une Mèche-de-Cheveux (sur le drap ! immaculé !) à Amsterdam. Zack ! C'est la Todesfuge qui monte : « Dein goldenes Haar Margarete / Dein aschenes Haar Sulamith ». (L'horreur & la beauté en deux Vers !) La Poésie de Celan se mêle aux fragments d'Heidegger. Procès implicite de cette Pensée qui voulut cheminer (bien mal !) hors de la métaphysique (ce Grand Outil) tout en restant AVEUGLE à l’abîme politique.
III. L’Intime (Point-de-Bascule)
Au Cœur de ma Série : le Portrait. Mon GRAND-PÈRE, ancien nazi, cigare à la main. Le Regard : presque banal. C’est EXACTEMENT ce qui me dérange. En vis-à-vis, ma Fille. Silhouette enfantine. Arpentant (avec une curiosité farouche !) ces lieux : un peu comme Oskar Matzerath (dans Le Tambour) qui refuse l'âge adulte. Entre ces deux visages : le Relais-Mémoire. La possibilité, ou non, de dire : STOP à la Boucle !
Matthias Koch est photographe et vit actuellement en Ardèche. Son travail s’articule autour de séries au long cours, aux titres évocateurs (Figures d’un Monde en Sursis, Leaving Home, Resonances, Eschaton...), explorant les thématiques de la disparition, de la mémoire, du territoire et de l’empreinte.
Son approche mêle photographie argentique et numérique, toujours portée par une écriture visuelle sensible, poétique et parfois inquiète.